Maraîchage Bio

Archive Le Dauphiné Libéré- Page départementale Savoie
18 novembre 2009

« Pas question de traiter »

Philippe Guillot, producteur en agriculture biologique en Savoie, est installé à Curienne petite commune en périphérie de Chambéry.
Il a 39 ans et a repris dès 1993, une exploitation bio. Pour lui, « pas question de traiter». Il tout naturellement souhaité continuer sur ce mode là. Il affirme répondre à un cahier des charges strictes avec une liste restreinte de produits phytosanitaires pouvant être utilisés pour traiter ses cultures (d’origine minérale, végétale ou biodégradable).
Sur son exploitation de 16 hectares, dont 5 environ sont consacrés aux cultures maraîchères, il préfère prévenir que guérir.

En bio, on travaille sans filet
« En Bio, on travaille sans filet, on n’a pas le droit à l’erreur ».  Pour que tout se passe au mieux, ses cultures exigent une surveillance et une attention de tous les instants. Il s’agit d’éviter ravageurs et maladies.  « On n’a pas le droit de s’endormir, il faut rester sur ses gardes, car on ne peut pas se rattraper à coup de produits chimiques traitants ».

Un autre calcul
Pourtant Philippe, qui travaille avec son épouse et un apprenti, apprécie sa liberté, et le choix de faire ce métier, même si sa dureté reste une réalité « physiquement et  financièrement. Les mauvaises années on arrive à avoir un SMIC pour deux et les meilleures à avoir un SMIC ou plus chacun ».
Bien sûr, en compensation, lorsque l’on produit toutes sortes de légumes toute l’année et que l’on élève des moutons, les dépenses alimentaires sont moindres. Depuis peu Philippe reçoit une aide de l’Etat annuelle de 2 000 € pour le maintien à l’agriculture biologique, mais « j’estime que si l’on doit dépendre de ce genre de béquille, c’est que cela ne vas pas ». Cette somme reste quoi qu’il en soit très minime par rapport à toutes les charges auxquelles il doit faire face.

Démarche globale et vente directe
Pâturages, pour la quarantaine de moutons et les génisses en pension, cultures céréalières pour son auto consommation, et prairies aussi sont «bio» et c’est sur les marchés de Chambéry et Challes-les- Eaux que les Guillot vendent leur production directement.
« Comparativement à des producteurs savoyards en culture conventionnelle, nous ne sommes pas plus chers sur la majeure partie des légumes ». Pourtant, les techniques de désherbage, mécaniques ou manuelles selon les plantes, sont plus longues et plus coûteuses qu’avec l’utilisation de produits chimiques.

«Je n’ai pas l’impression d’aller au travail» explique Philippe, « produire bio n’est pas la voie de la facilité mais c’est celle de la qualité» respectueuse de la terre, du client, de la nature.

L’exigence du bio  
Les coûts et contraintes supplémentaires sont nombreux : les dispositifs de mise en hivernage des parcelles afin d’éviter la fuite des nitrates dans les rivières, la gestion de la terre et l’irrigation afin de la nourrir pour qu’elle puisse produire sur le long terme, le matériel, les semences.

Comment trouver sa place dans ce monde ?
Pourtant Philippe Guillot, heureux de produire dans une démarche de qualité s’inquiète avant tout de l’urbanisation galopante : « c’est difficile de faire comprendre aux élus que les terres agricoles ne sont pas un réservoir foncier » voyant peu à peu la ville remonter vers La Bâthie, et grignoter les terrains qu’il exploite. « Il y a aussi création de conflits, puisque les terres autrefois dédiées à la production et au travail sont aujourd’hui vues par la population comme des espaces de loisirs et de détente ».

Un article de Nathalie Baldji

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