Débardage par câble long

Archive article paru dans
Le Dauphiné Libéré septembre 2009

Démonstration

Le débardage par câble long permet d’exploiter des parcelles forestières qui ne pourraient être accessibles autrement en zone de forte pente. Bien que coûteuse, cette technique présente de multiples avantages qui ont été expliqués aux professionnels et décideurs locaux, démonstration à l’appui. 

Débardage par câble long

L’ONF (Office National des Forêts), avec la contribution de la commune de Puygros, du Parc Naturel Régional du massif des Bauges, du Conseil Général et de l’association des communes forestières ainsi que de l’entreprise Bétemps, a pu proposer aux élus locaux et autres personnes intéressées par les activités forestières, une démonstration de débardage par câble long sur un site qui, autrement, n’aurait jamais pas pu être exploité.

Une priorité
La Charte forestière d’exploitation du territoire fait de la technique du débardage par câble une priorité, étant donné que 43% du peuplement productif seulement est exploitable par tracteurs.

Former les techniciens et valoriser la ressource
Selon Olivier Claude, directeur adjoint du PNR des Bauges « avec cette Charte, il s’agit d’avoir une cohérence d’ensemble, une meilleure lisibilité pour le territoire afin de prendre en considération l’aspect multifonctionnel de chaque site, de mobiliser la ressource bois et en prévoir les conditions techniques, valoriser cette ressource et former les professionnels à l’échelle locale, informer le grand public ».

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Une économie locale en jeu
Du côté du Conseil Général, Marc Jean Robert, chargé de l’aménagement et développement, indiquait avoir injecté 190 000 € sur 13 chantiers, permettant d’extraire plus de 17 000 m3 de bois par câbles, consolidant ainsi 57 emplois.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La filière y gagne
Pour les petites communes, comme Puygros, la fédération des Communes Forestières vient en renfort afin de proposer des fonds d’amorçages. Selon Pascal Combaz Deville (ONF), « le câble, comme ici sur Puygros, permet une exploitation optimale des secteurs, sans dégrader le bois puisqu’il n’est pas traîné au sol, mais transporté en l’air. De plus si tout est bien organisé, le bois est, dès la dépose, trié selon sa qualité ». A Puygros les 2 lignes (l’une de 900 mètres et l’autre de 1200 mètres de long) permettent d’extraire 1824 m3 de bois à raison d’une moyen de 40 à 45 m3 par jour.
D’ici 2013, 100 000 m3 de bois devraient être exploités par câble selon les objectifs du Plan Câble en Rhône Alpes.

INTERVIEW
3 Questions à…

Catherine Riond,
Responsable Service Bois Savoie à l’ONF

– Quelle est votre mission ?

A l’ONF, service Bois, nous avons pour rôle la gestion des forêts publiques, ce qui implique une connaissance du territoire. Chaque secteur se défini dans un Plan d’Aménagement sur 15 ans. Pour chaque parcelle, nous savons quelles coupes sont prévues ou quelles actions doivent être menées en vue de l’exploitation du bois. Nous connaissons les difficultés d’accès ou techniques éventuelles. Le coût et les moyens à mettre en œuvre sont donc aussi pris en compte, ce qui est primordial surtout pour les petites communes aux moyens limités.

 

– Quels sont les enjeux d’une exploitation forestière bien menée ?

Certaines zones étaient exploitées autrefois mais plus aujourd’hui parce que difficile à travailler. La forêt est donc vieillissante à certains endroits et la qualité du bois à couper, si l’on attend trop, se dégrade. L’enjeu, globalement, est le renouvellement de la forêt, son entretien régulier, sachant que la forêt, sur certains secteurs en forte pente, va jouer aussi un rôle de protection des zones avales. Autant dire qu’il y a aussi un enjeu écologique au-delà de l’aspect économique.

 

 

 

il y a aussi un enjeu écologique au-delà de l’aspect économique

 

– Concernant la coupe en forêt communale de Puygros, parcelles 13 et 16, pourquoi avoir opté pour 2 longues lignes de câbles, méthode très coûteuse ?

Ici, impossible de faire des pistes partout pour donner accès aux grumiers, qui ont besoin de beaucoup plus de place que les chevaux d’autrefois. D’ailleurs, avec les pistes, cela implique parfois ensuite des problématiques de conflits d’usage. La solution par câble s’est imposée permettant une exploitation plus large de ce secteur avec un impact moindre sur l’eau. Puisque ici nous avions aussi des contraintes à ce niveau-là en raison de la présence de 3 captages d’eau en aval de la coupe. Le câble était donc ici la solution idéale techniquement. Economiquement, le bilan financier de l’opération est positif uniquement grâce à l’apport de subventions de la Région. Sur les 1824 m3 de bois martelés, 50 à 60% devraient être destinés au bois de charpente au global, le reste en bois de palette. Mais si ce secteur est ensuite bien entretenu, les prochaines coupes seront de meilleures qualité et donc plus rentables.

Des informations supplémentaires
FNCOFOR / Fédération nationale des Communes forestières
Débardage par câble : fiche info ONF

Un article de Nathalie Baldji

Suivez-moi sur Instagram et Twitter

à lire aussi :
Circuit court en mode Drive
L’été dans les vignobles
Travaux des champs
Qualité vs quantité : le choix d’un agriculteur
L’alpage de la cluse
Les prairies fleuries
Les vergers d’antan : patrimoine agricole
Alpagistes : Quelle vie mènent-ils ?

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s