Qualité vs Quantité

Suite du dossier Un été à plein régime – Archives – Agriculture  (Le Dauphiné Libéré dossier de UNE 18 juillet 2009)

Jean-Paul Frenod prône
la qualité du fourrage et des céréales

Jean-Paul Frenod, 47 ans, ayant repris l’activité familiale à La Motte en Bauges en 1983, aujourd’hui en GAEC avec deux collègues, est en charge d’une exploitation de 112 hectares, comprenant 65 vaches laitières et autant de génisses (montbéliarde et abondance). Egalement président de la Coopérative de Lescheraines, sa production laitière répondant à un cahier des charges stricte est destiné à la fabrication de fromage AOC (Appellation d’Origine Contrôlée): Gruyère et Tome des Bauges.

« Le fourrage et les céréales
influent sur la qualité du fromage « 

5.3 hectares sont par ailleurs consacrés à la culture de céréales (triticale), ce qui lui fourni 40% environ des besoins alimentaires de ses bêtes, ainsi que de la paille couvrant largement ses besoins. Concernant les céréales « particularité chez nous, nous travaillons à façon en confiant la récolte une fois moissonnée, à un autre professionnel équipé pour le séchage, stockage et concassage, et l’on récupère ensuite le tout prêt à l’emploi, additionnée à du maïs ». Par ailleurs, 65 hectares sont consacrés aux foins et le reste à la pâture. Cela représente une fenaison d’environ 300 tonnes de foin et 150 tonnes de regain, sur les 2 coupes possibles à cette altitude (700 mètres), la 3e coupe étant très aléatoire.
Ayant préféré la récolte en vrac pour le foin, le séchage étant prévu par ventilation, l’opération dure moitié moins de temps (soit 1 journée et demi seulement) et la qualité nutritive du foin est meilleure. En revanche l’espace de stockage demande à être plus vaste et les investissements plus importants côté équipement du bâtiment. « Pas de maïs OGM pour nourrir les vaches, pas de traitements chimiques, un fauchage raisonné pour favoriser la biodiversité sur 50 hectares dits en «prairies fleuries», l’attente d’une bonne maturation de l’herbe: tout cela a une influence positive sur la qualité du fromage. L’objectif est pour nous justement de faire de la qualité, pas de l’intensif » explique Jean-Paul Frenod, même si cela représente une charge de travail supplémentaire et des contraintes. « Nous ne nourrissons pas nos bêtes à l’ensilage », cela fait aussi partie des conditions à remplir pour rentrer dans l’AOC.

Le calendrier des champs de Jean-Paul Frenod et de ses collègues :

En mars (dès la fonte des neiges): épandage du lisier et du fumier.
En avril : hersage, scarification et remise en état des clôtures. Puis sortie des bêtes.
De mi mai à fin juin environ : fenaison (1ere coupe)
(50 jours après environ), soit de mi juillet à fin août : regain
Début août : moisson céréalière.
En septembre : fumier étendu sur les terres céréalières, laboure et semis.
Automne : naissances des veaux.
et
Durant tout l’été : entretien des pâtures, des clôtures, veille du troupeau (santé), ravitaillement régulier en eau, entretien des haies, des machines, des bâtiments, et traite des vaches chaque jour.

Ils récoltent assez de foin pour nourrir les 120 bêtes durant tout l’hiver, suffisamment de paille et moissonnent de quoi couvrir environ 40% des besoins en céréales.

Jean-Paul Frenod et une quinzaine d’autres agriculteurs fournissent du lait à la coopérative de Lescheraines en veillant à respecter strictement le cahier des charges AOC.

un article de Nathalie Baldji

à lire également l’été dans les vignobles

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