Sauvez la librairie

Ou comment trouver une alternative économique pour La Soupe de l’Espace

4 emplois à sauver mais au-delà, une autre vision du métier de libraire à préserver ? Allez-vous, vous aussi, soutenir la librairie La Soupe de l’Espace ? Allez-vous être sensible au symbole ? Et montrer qu’un autre monde est possible, un autre modèle économique, plus solidaire, plus participatif ?  

Mel et Jean - Librairie indépendante La Soupe de l'Espace
Mel et Jean – Librairie indépendante La Soupe de l’Espace

Faire appel au financement participatif (et donc appel à la solidarité financière des internautes) pour sauver 4 emplois et une petite entreprise qui soufflerait ainsi ses 8 bougies en juin 2016…

Rien de si original de nos jours. Les dossiers de ce genre abondent sur les plateformes de crowdfunding (financement par la foule, autrement dit financement participatif). Trouver des financements est devenu si difficile. Pourtant, la Librairie indépendante La Soupe de l’Espace y croit. Elle lance un appel à l’aide sur la grande toile Internet. Au-delà du côté attachant du dossier, il est très révélateur des limites du système actuel et de la nécessité à trouver, inventer, imaginer, de nouvelles manières de faire fonctionner l’économie. Cette librairie indépendante spécialisée jeunesse, abandonnée par sa banque, à la recherche de 55 000 € va-t-elle apporter la preuve que créer un nouveau monde est possible ?

Cliquez sur la photo pour participer à la campagne
Cliquez sur la chouette pour participer à la campagne

« Ce combat est aussi celui des internautes que nous sollicitons »                                explique Jean Pichinoty, co-fondateur de la librairie.

Car il ne s’agit pas d’un cas isolé.

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Photos Soupe de l’Espace

♦Quand la banque vous lâche
Les banques de plus en plus à cheval sur le calcul du risque, ne prêtent plus qu’à ceux qui ont de l’argent ou suffisamment de solvabilité pour payer les frais de découverts, impayés et autres pénalités en cas de défaut de paiement (de bonne guerre ?).
Les aides et subventions provenant des collectivités territoriales et institutions se réduisent chaque année. Les sponsors veulent un retour sur investissement à la hauteur des sommes versées et, croulant sous les sollicitations, optent pour les contrats les plus juteux… Bref les « petits dossiers » ont bien du mal, dans ces conditions, à trouver leur place. Les projets créatifs, atypiques, innovants, ambitieux et tous ceux qui ne rentrent pas dans les cases ou ne répondent pas aux standards et normes du moment sont éconduits trop souvent.

♦Quand les collectivités territoriales sont des mauvais payeurs
C’est un comble de se retrouver en grande difficulté malgré une activité riche et un travail de qualité qui vous vaut même la confiance des collectivités.
Avoir pour client des mairies, communautés de communes ou autres institutions publiques implique, bien souvent, d’être payé bien au-delà du délai légal de 45 jours. « 120 à 150 jours plus tard… », explique Jean, impuissant, comme beaucoup de prestataires liés à ces entités.
Et supporter de tels décalages de trésorerie, payer des commissions d’intervention bancaires pour découvert, et compenser tant bien que mal, fini par poser réellement problème. Le banquier ne s’en plaint pas, tant qu’il peut encaisser des frais qui rentrent à son crédit sur ses comptes de résultats, jusqu’à ce qu’il décide que le risque est trop grand (pour lui).

♦Quand vous n’avez pas le droit à l’erreur
A cela, si s’ajoute, par malheur, un accident de la vie, (l’indépendant n’a pas le droit d’être malade), le fossé devient vite un gouffre.

La Librairie La Soupe de l'Espace : mettre en appétit de curiosité
La Librairie La Soupe de l’Espace : mettre en appétit de curiosité

Que s’est-il passé pour la Soupe de l’Espace ?
La banque, avec laquelle vous collaborez depuis des années vous lâche soudainement. Vos plus gros clients vous paient avec 4 mois de retard. Un accident de la vie s’ajoute à cette recette du bonheur (hashtag #RireJaune) et tout votre édifice risque alors de s’écrouler… Pourtant, la recette de la soupe est bonne, les ingrédients sont de qualité, et les croûtons (vos collaborateurs pour faire la soupe) sont en or !
Un non-sens ?
Un dossier viable donc, mais qui est éjecté du système, dans un contexte de fragilité de l’économie du livre.
Faut-il abandonner ? Changer de planète ?
L’équipage de la Soupe de l’Espace n’a pas l’intention d’abandonner si facilement.

Que faire alors ?
Alternative intéressante, les campagnes de financements participatifs fleurissent mais ne constituent pas une solution de facilité pour autant. Réussir sa campagne n’est pas chose aisée. Sensibiliser les internautes au point de leur donner envie de passer à l’acte : à savoir verser leur obole pour de bon en suivant la procédure d’inscription et de paiement en ligne, c’est-à-dire consacrer encore quelques minutes de plus de leur temps précieux à la bonne cause en question, va coûter plus de temps et d’implication qu’un simple partage de post sur les réseaux sociaux. Mais, heureusement (ou pas, certains n’ont pas besoin de cela pour agir) il y a des contreparties !
(la carotte, un ingrédient essentielle pour toute bonne soupe qui se respecte)

(extrait du texte de présentation de la campagne Ulule)

Vous pouvez sauver le Monde !
Vous pouvez sauver le Monde !

Lancer un appel sur ULULE pour rebondir face à l’adversité, sauver des emplois et une philosophie professionnelle qui se démarque des autres,  est la solution de la dernière chance qu’a choisi la librairie.

La librairie La Soupe de l’Espace, située à Hyères, a choisi de s’appuyer sur la chouette pour ululer à grand cris et rameuter les bonnes volontés qui accepteraient de sauver sa recette magique.

Sorcière, soupe, citrouille et chouette qui ulule à la pleine lune... Tout ce qu'il faut pour commencer une belle histoire.
Sorcière, soupe, citrouille et chouette qui ulule à la pleine lune… Tout ce qu’il faut pour commencer une belle histoire.

Quelques commentaires de Ululeurs
(contributeurs sur la plateforme Ulule) :
sunnyj
Votre librairie est un véritable petit bijou. Un passage par votre soupière devrait être remboursé par la sécurité sociale tellement on y sent votre cœur, votre passion et on y trouve des pépites, bref c’est du bonheur en barre 😉
Je suis persuadée que vous allez y arriver !!!! Je suis de tout cœur avec vous, courage!!
alexandrapierson
Faites-nous encore rêver, vous me redonnez des yeux d’enfants lorsque je franchis le seuil de votre librairie.
Vous soutenir c’est soutenir mes rêves et celui de mes enfants……

Une librairie pas comme les autres ?
Jean, Mel, Anne et Claire …. Ne sont pas juste des vendeurs de livres. Mel et Jean, les fondateurs, sont à la base graphistes.

Mel et Jean, libraires par passion
Mel et Jean, libraires par passion

« Notre œil esthétique est important dans le choix des livres que nous mettons en avant. Il faut qu’ils soient beaux et intelligents » explique Jean.
Ici, on cherche à découvrir des livres que l’on ne trouve pas partout ailleurs, qui ne répondent pas forcément à des logiques marketings bien huilées. Ici, on défend des auteurs, des histoires, des objets-livres pour le coup de cœur qu’ils vont provoquer, pour leur capacité à émerveiller, faire grandir… Les 4 gardiens de la soupe sont des passionnés et, plus que des commerçants libraires, ce sont des artisans. Presque des extraterrestres dans un monde de rentabilité, de logique marketing et de performance… Où l’emballage prévaut sur le contenu, l’écoute et le conseil sont en option et la passion remisée en second plan.
Ces 4 libraires-là, on les reconnait à leur soupière, bien sûr, mais aussi à leurs balais de sorciers et sorcières, puisqu’ils font partie du réseau des librairies Sorcières. Dans ce réseau, ils ont même une revue : Citrouille, pleine de bons conseils collectés sur tout l’hexagone, à travers toutes les librairies du réseau, qui comme à Hyères, sont tenues par des artisans libraires qui aiment transmettre, qui aiment les belles histoires et les illustrations qui donnent à rêver, qui émeuvent et émerveillent.

Est-ce que le paysage culturel, le lecteur quel que soit son âge, auraient plus à gagner ou à perdre, à laisser ces petites librairies atypiques et engagées disparaître ?

Pourquoi ne pas donner un coup de pouce ULULE (dès 5 euros), pour ceux qui ont envie d’une bonne soupe maison, et de cautionner une nouvelle manière de faire tourner le monde, sans nous obliger à changer de planète ?

Un article de : Nathalie Damide Baldji

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2 réflexions sur « Sauvez la librairie »

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