Fake news ou vérités ?


Auteur 

(archive septembre 2012)
#ecoleAlaMaison #instructionEnFamille #auteur

Les 10 plus Gros mensonges
sur l’école à la maison

Sans langue de bois, très engagée, Sylvie Martin Rodriguez, 44 ans,  a instruit ses enfants elle-même. D’une part elle participe alors à l’entreprise de son mari, Régis (fabriquant de tentes nomades) et d’autre part elle se consacre pleinement, surtout et avant tout à ses enfants (Tom qui a 12 ans et Lilou 9 ans et demi), leur bien-être et leur instruction. Le choix d’une activité professionnelle compatible, d’un lieu de vie agréable (à 900 mètres d’altitude) offre un contexte idéal à ce choix de vie familial.

Entre récit du quotidien et celui du bras de fer qu’elle peut vivre depuis quelques années face au système de l’Education Nationale,  elle a écrit un ouvrage aux éditions Dangles, sans concession et pour remettre quelques pendules à l’heure.

Interview  :
Sylvie Martin Rodriguez, auteur

DR Sylvie Martin Rodriguez
Pourquoi ce choix de l’école à la maison ?

– C’est un choix qui remonte à loin avant d’avoir les enfants. Et puis on est resté sur ce qu’on avait décidé parce que l’on est contre le système scolaire et « l’élevage en groupe », c’est-à-dire le fait qu’il n’y ait aucun respect de l’individualité de chaque enfant ; le fait que l’apprentissage soit le même pour tous ; les horaires très strictes, le fait d’être obligé d’aller à l’école. Mais aussi toute la violence qu’il y a à l’école. La violence de l’institution elle-même, qui est dans les horaires, le non-respect des rythmes des enfants etc. et puis la violence des enfants entre eux, de certains enseignants sur les enfants…

DR Famille Martin Rodriguez

Vous vouliez les protéger ?

-En tant que maman, je veux protéger mes enfants, mais aussi, Régis et moi, aimons être avec nos enfants. Ils sont nés, on les a élevé, on était avec eux et on reste avec eux quoi. Pour nous c’est naturel de vivre avec eux. Et puis nous sommes libres comme ça, on peut partir quand on veut, ils apprennent à leur rythme, on est tous très très libres.

Comment vous êtes-vous préparée à les instruire ?

– Le moment venu, on a regardé un peu ce qui existait, les associations, sur Internet, des choses comme ça. Donc on a eu des contacts, on a commencé à voir que d’autres familles faisaient comme ça, que d’autres familles avaient des enfants déjà grands, que d’autres avaient des enfants adultes… Alors on a posé des questions, on s’est un peu intéressé à tout ça, on a rencontré des gens et puis ça se fait de façon assez naturelle. C’est-à-dire que les enfants grandissent, et puis on voit comment ils fonctionnent et puis surtout, tant qu’on est ouvert sur le monde, apprendre, ce n’est pas difficile. Les enfants ont appris tellement de choses ! Ne serait-ce qu’avec les amis, avec les copains, avec les sorties, avec les voyages, et puis, il ne faut surtout pas négliger Internet, ça représente un gros pourcentage de leurs apprentissages et de leurs connaissances. Et donc ou bien on connaît le sujet auquel ils s’intéressent et on répond, on approfondi, on achète les bouquins, etc. ou on ne connaît pas et on va chercher l’info là où elle est : chez les spécialistes, sur Internet, dans les bouquins, On trouve toujours l’information dont on a besoin.

(By Giphy.com)

Pas d’horaires, de programme préétabli ?

Quand ils étaient petits, c’était vraiment comme ça. En grandissant, c’est un peu plus compliqué, on approfondi les choses de façon plus sérieuse, et quand c’est vraiment un sujet qui les passionne, on va très loin dans le détail. A leur âge ils savent lire écrire et compter,  et la culture générale est énorme évidemment, avec Internet, les documentaires, les films, les dessins animés, avec toutes les revues auxquelles nous sommes abonnés. On lit beaucoup, beaucoup beaucoup … Et puis on est dispo pour répondre à n’importe quelle question.

Et la vie en collectif, comment ça se gère ?

– On ne fait rien de particulier. Nous sommes sociables, donc nous avons beaucoup de copains, donc certains qui ont des enfants. On se voit tout le temps. Chez nous, c’est très très rare qu’il n’y ait pas quelqu’un à la maison. Les enfants sont nés dans ce contexte. Un enfant n’a pas à « devenir » sociable, parce qu’un enfant c’est un petit humain et c’est dans sa nature d’être sociable. Les enfants qui ne le sont pas c’est qu’ils ont été abîmés. Et quand l’école nous parle d’enfants sociables, ça me fait rire parce qu’avec ce qui se passe dans les cours de récré, si c’est ça la sociabilité… Les copains, c’est l’essentiel, c’est leur bonheur, ils adorent jouer, ils adorent voir leurs copains. Donc c’est vraiment la priorité absolue dans notre famille, après, je ne suis pas en train de dire que voir beaucoup de monde etc. c’est indispensable. Moi j’ai énormément de respect pour les enfants qui sont timides, et pour les gens qui sont sauvages, et je ne porte aucun jugement là-dessus. On a quand même aussi le droit encore j’espère en France d’être timide et sauvage et de pas avoir envie de voir du monde. Ce n’est pas notre cas, heureusement, parce qu’alors sinon l’éducation nationale nous serait tombée dessus.

By Giphy.com

En France, ça n’est pas l’école mais l’Instruction qui est obligatoire de 6 à 16 ans. Comment ça se passe lorsqu’on fait l’école à la maison ?

-Il faut qu’à 16 ans l’enfant ait acquis le socle commun de connaissance établi par l’éducation nationale. Ça, c’est la loi. Nous, en tant que famille qui instruisons à la maison, nous n’avons pas à suivre les programmes scolaires, et nos enfants n’ont pas à avoir un niveau équivalent aux enfants scolarisés au même âge, par contre à 16 ans, ils doivent avoir  acquis le socle commun de connaissances. Ils doivent en avoir la maîtrise, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas de l’éducation nationale. Une première injustice. D’un point de vue pratique, on doit faire une déclaration chaque année d’instruction en famille auprès de l’éducation nationale.

By Giphy.com

 

« Et puis nous somme libres, comme ça, on peut partir quand on veut,
ils apprennent à leur rythme »

Comment se passent les relations avec l’éducation nationale ?

-L’éducation nationale ne nous facilite pas du tout les choses, elle nous met des bâtons dans les roues sans arrêt, elle nous gâche la vie alors qu’on avait une vie qui était vraiment très très chouette. Maintenant on vit un enfer au quotidien parce qu’on ne sait absolument pas ce qui va nous tomber sur la tête, tout ça parce qu’on a refusé d’obéir aux exigences illégales d’un inspecteur d’Académie. Et donc comme ils ont quand même l’habitude d’être obéis au doigt et à l’œil, ils se vexent facilement visiblement, et donc depuis 3 ans, on est en procédure avec l’éducation nationale.

Quelles étaient ces exigences « illégales » ? 

– Il faut d’abord expliquer que d’une part il y a la loi sur l’école à la maison, et d’autre part les habitudes de l’éducation nationale. Ce sont deux choses totalement différentes. Et quoi qu’ils en disent, à l’éducation nationale, ils n’aiment pas l’idée de l’existence de l’école à la maison. Ils aiment bien arriver en cow-boy fringant qui vient sauver ces pauvres enfants enfermés dans des familles, qui ne voient jamais la lumière du jour. Donc ils arrivent en étant vraiment très méprisants, et vraiment sûrs de leur bon droit, et ils exigent des modalités de contrôle que la loi n’exige pas, et notamment de tester les enfants, c’est-à-dire de les évaluer en leur posant des questions à l’oral et à l’écrit. La loi dit qu’ils doivent venir vérifier l’instruction donnée aux enfants. A partir de cette phrase, chacun interprète comme il veut et eux l’interprètent en pensant qu’ils ont le droit de tester les enfants. La loi ne parle pas du tout de test, elle dit qu’il faut vérifier l’enseignement, comme ils font dans les écoles ; c’est-à-dire qu’ils font confiance aux notes que l’enseignant donne, ils ne vont pas aller interroger individuellement les 30 élèves de chaque classe, pour voir si réellement ils sont instruits. Donc nous, c’est la même chose, on exige d’être traité de la même façon, à ce qu’on nous fasse confiance. Lors du contrôle, on est prêt à monter toutes nos ressources, toutes les traces des travaux des enfants, à leur dire ce qu’ils savent ou pas, ce qu’ils sauront, comme ils peuvent même rester plusieurs jours s’ils le souhaitent comme on l’a proposé plusieurs fois, car on n’a rien à cacher. Mais par contre ils ne les testeront pas ! Ça, ils ne peuvent pas l’avaler, du coup on se retrouve au tribunal correctionnel.

Quelles idées reçues voulez-vous balayer ?   

– Nous sommes des familles normales. Souvent on voit l’instruction à la maison soit comme quelque chose de réservé à des familles très aisées, donc quelque chose de réservé à peu de gens et ça rassure tout le monde, soit des familles complètement allumées qui vivent pied nus, les enfants à poil, la morve au nez. On montre toujours des caricatures qui font que les gens ne se sentent pas concernés. Et voilà, nous et nos copains qui ont fait le même choix que nous, sommes des familles complètement normales et on fait quand même l’école à la maison ! J’estime que, une institution qui a des résultats comme l’éducation nationale en France, n’a de leçons à donner à personne.

Pourquoi ce livre intitulé « les 10 plus gros mensonges sur l’école à la maison » paru en 2008 ?

-En 2007, à travers Georges Fenech, président de l’association de la Miviludes, l’éducation nationale a essayé encore une fois, en le niant, d’interdire l’école à la maison. Ils voulaient faire passer un amendement qui aurait autorisé seulement les familles avec enfants handicapés, ou les gens du voyage ou les familles partant faire un périple autour du monde… de faire l’école à la maison. Ce qui revenait à dire que pour tous les autres cela devenait interdit. Moi, ça m’a rendue folle de rage et j’ai une copine qui m’a parlé de la collection « les 10 plus gros mensonges », j’ai appelé, ils ont dit oui tout de suite. Et j’ai écrit le livre.
Il n’est plus totalement d’actualité puisqu’il s’est passé pas mal de choses depuis. Je citais pas mal les associations à cette époque-là, mais je ne m’étais pas rendu compte à quel point en réalité elles font un travail de sape sur le sujet. En fait elles n’agissent pas et si on en est tous dans des situations difficiles aujourd’hui c’est parce qu’elles ne font rien de concrets. Et les gens suivent ce que disent les associations, et quand il n’y a rien de concret qui est fait, et bien du coup l’éducation nationale se marre. Les chapitres du milieu de 2 à 9 restent valables.
Au moins, Régis, moi et mes enfants, avons décidé d’agir, de faire quelque chose. Les gens qui veulent nous soutenir peuvent le faire librement. Ceux qui ne le veulent pas ne le font pas, mais au moins on ne passe des mois en blablas. Il y a toujours quelqu’un pour empêcher l’action. Nous, on agit. Il se trouve qu’on a beaucoup de soutiens.
Sinon, entre familles on se cotise pour payer les frais de justice qui coûtent très cher, et c’est là-dessus aussi que compte l’éducation nationale. A chaque fois qu’une famille est en soucis,  on se cotise et comme ça, on arrive à payer les frais de justice. Plutôt que de donner nos sous à des associations qui ne font rien.

un article de Nathalie Baldji

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