Accouchement à domicile

Archives –  (Le Dauphiné Libéré – 24 mars 2009
pages régionales)

signé
Nathalie Baldji (Damide)

Donner naissance
en dehors de la maternité

Rétrograde ou vraie chance ?

L’accouchement à domicile, maisons de naissance et autres alternatives à l’accouchement en maternité, restent des solutions mal connues et marginales, car encore faut-il que cela soit possible. Le risque zéro n’existe pas où que l’on soit, mais inutile d’en rajouter…  D’autres voies sécurisées sont possibles, c’est ainsi que Nawel est né à la maison, en toute sécurité et par choix avisé de la part de ses parents.  

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Nawel est né à la maison…

C’est dans la région de Chambéry, en Savoie, que Nawel premier enfant d’un jeune couple de savoyards, a vu le jour à la maison. Autrefois la règle, aujourd’hui il fait partie de ces rares enfants nés à la maison.

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Au-delà du cas de force majeur, l’accouchement à domicile (AAD) peut-être un choix délibéré et réfléchi pour les futurs parents. Bien que tout à fait légal en France, ce choix se heurte non seulement à la réticence globale du corps médical lui-même, aux peurs légitimes et tenaces de chacun, mais aussi à la difficulté concrète de trouver des professionnels de santé qui pourront et accepteront d’accompagner la démarche et encadrer l’accouchement. Les sages-femmes libérales qui sont d’accord pour pratiquer des AAD ont tout le mal du monde à contracter des assurances leur permettant de réaliser ce type de soin et elles sont donc rares à se lancer.

Un accouchement sans problème

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Nawel est né à Albens, le 19 décembre dernier, après une grosses sans problème. C’est Elisabeth Lathuile Torche, sage-femme depuis 23 ans, libérale depuis 4 ans installée en Haute-Savoie, qui a accompagné Delphine (enseignante) et Pascal Lenormand (ingénieur) pour le bon déroulement de cet AAD. Un choix mûrement réfléchi « L’on ne va à l’hôpital que quand ça ne va pas » et mettre au monde un enfant n’est pas une maladie « le fondement de tout cela, c’est accueillir cet invité qu’on ne connait pas dans des conditions douces. Que souhaite-t-on à un inconnu qui s’apprête à débarquer chez nous ? –d’avoir une lampe en pleine figure et des gens masqués, des parents stressés, et de actes avant tout motivés par la crainte du « si ça se passait mal ?  Tout ça, ça n’est que l’accueil d’un inconnu dans la douceur et la bienveillance » explique le couple.

« L‘objectif n’est pas de faire de la publicité pour l’AAD
mais bien d’informer sur l’existence de ce choix possible
dans certaines conditions très cadrées »

« Qu’on ait envie d’accoucher chez soi est une chose » explique la sage-femme « mais que cela soit possible en est une autre » précise-t-elle avec des réserves. Une liste stricte  de conditions à remplir est incontournable pour pouvoir accoucher à la maison. Elle est passée scrupuleusement en revue par les professionnels de santé avant d’accéder à la demande du couple. Il faut que ce choix émane des deux parents, qu’ils ne résident pas à plus de 30 minutes du centre hospitalier, qu’ils aient validé la consultation avec l’anesthésiste et soit bien inscrit à la maternité (en cas de transfert), que la grossesse se passe normalement et qu’aucun risque médical, anomalie ou situations à risques n’aient été identifiées.

Le risque zéro n’existe pas

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« Le risque zéro n’existant pas, et ce, quel que soit l’endroit où l’on accouche, accoucher à domicile n’est pas pour autant rétrograde dès l’instant où toutes les mesures et précautions médicales sont prises » explique Elisabeth Lathuile qui adhère à la charte élaborée par l’association nationale des sages-femmes libérales sur le sujet. Il s’agit de travailler en lien étroit avec le médecin traitant de la famille, et de préparer le jour J à travers une relation de confiance déterminante pour la réussite de cette aventure. « L‘objectif n’est pas de faire de la publicité pour l’AAD mais bien d’informer sur l’existence de ce choix possible dans certaines conditions très cadrées ».
Voilà qui donne un coup de balais sur quelques idées reçues et peurs irrationnelles. Les parents désireux d’être autonomes et acteurs de la naissance de leur enfant plutôt que de de se laisser totalement prendre en charge ont donc le choix, lorsque les conditions de sécurité sont réunies.

Pour 16 000 naissances en 2008, 65 se déroulaient à domicile selon le Réseau Périnatal des Deux Savoie couvrant les territoires des Savoie et Belley.

Pour Delphine et Pascal, cet AAD aura coûté 200 euros (sous réserve que la mutuelle vienne réduire ce chiffre), soit un coût pour la société réduit moitié par rapport à un AAD en milieu hospitalier.

un article de Nathalie Baldji

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